Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 19:33

    

Les scorpions

 



      Nous étions trois jeunes enseignantes à habiter une maisonnette éloignée des gens. L'école et avec elle notre logement, le logement du service, étaient bâtis à côté d'une route caillouteuse loin du douar. Privées d'électricité, de réseau et de tout autre confort citadin, on avait pour seuls voisins un cimetière et un marabout. Ça nous a effrayées au début. Mais comme on n'avait pas le choix. On s'est résigné et l'habitude s'est installée pour nous faire oublier nos peurs. Six mois sont  écoulés sans incident…

     La nuit était calme. On n'entend plus l'hurlement du vent qui a dérangé  notre sommeil tout au long de l'hiver. C'était une nuit tiède qui annonçait le printemps. Nadia les cheveux défaites portait à la main gauche un miroir, avec l'autre main elle appliquait minutieusement sur le visage une crème éclaircissante. Les rayons timides de sa bougie donnaient à la fois éclat et mystère à sa beauté. J'étais demi-allongée sur le lit. Les pieds cachés sous le drap, le dos appuyé au mur, je regardais nostalgiquement mon album photo.

      Une odeur appétissante venait de la cuisine. C'était le tour de Siham pour faire le dîner. Elle était douée. Le Tagine est sa spécialité. J'avais faim. L'odeur m'entrainait vers la cuisine.je traversais un petit couloir qui donne sur la porte d'entrée. Une enveloppe jaune était par terre. Une d'entre nous l'a fait tombée peut être, ou bien quelqu'un l'a glissée sous notre porte. Je la ramassai. Je constatai, avec surprise, qu’il était lourd pour une enveloppe, et qu’elle ne contenait surtout pas des feuilles, ce n’était pas une lettre ! Mes doigts palpaient une sorte  de  petites  boules. Qu’est ce que  c’est ?!!

        D’un seul pas je me retrouvai à la  cuisine. Quand je montrai l’enveloppe à Siham, elle devînt toute pâle, elle cria : « c’est peut être de la magie noire ! Quelqu’un nous  a jeté un sort !! » Après cette phrase, je sentis comme une sorte de force maléfique émanait de cette  maudite enveloppe.  Je  ne pouvais plus la  tenir dans la main. Dégoûtée, je la  posai sur le potager et  je posai à côté d’ el le ma  bougie. Il faut l’ouvrir.

.  Siham la stabilisait avec  une cuillère tandis que je la coupais avec des ciseaux. Toutes les deux nous poussâmes un cri assourdissant !!!

         Nadia nous rejoignît précipitamment. Elle resta bouche bée devant la porte .la cuisine  était sombre, des pattes noires et jaunes sortaient de l’enveloppe, des queues aussi avec du venin. Les scorpions se propageaient sur la blancheur du potager, certains tombèrent sur le sol en provoquant un claquement terrifiant. Le cercle de   lumière produit par la bougie et qui n’éclaire que ces insectes, donnait à la scène des dimension gigantesques. C’était comme un très grand grand plan sur l’horreur.

      Comment on s’est retrouvé à nouveau au couloir ? Qui a eu la bonne idée de bien fermer la porte de la cuisine ?  Je ne m’en souviens plus. Je me  rappel le seulement que Nadia et moi, nous voulions quitter l es lieux .on pouvait pas passer la nuit sous le même toit avec  ces scorpions. On  ira au  douar même si on devait marcher une demi-heure dans les ténèbres. Aucune famille ne refusera de nous accueillir pour une nuit.

    On ne pensait qu’à la fuite. La peur nous a dévoré le  cerveau. Heureusement que Siham était là ! Ma belle et sage collègue !! « Non, pas question, on ne quittera  pas la maison ; vous avez oubliez ceux qui ont glissé  cette saloperie !ils nous attendent sûrement derrières  cette même porte ».

     Les deux portes se métamorphosaient, elles ne sont  plus portes, elles sont dangers, elles sont menaces, elles sont angoisse. L’une devient un scorpion géant avec une queue qui projette le poison à distance. L’autre devient un homme, des hommes, des psychopathes, des voleurs, des violeurs…des tueurs.

   On se tait. Combien de temps nous sommes resté sans parler ? sans bouger ,sans respirer…à écouter, à attendre…longtemps ,en tout cas assez longtemps pour que la bande qui nous guette s’impatiente et donne signe d’existence ;quelqu’un frappe à la porte !!!Oui à mi-nuit frappe  à la porte  d’une  maisonnette perdue dans la montagne. Une maisonnette où habitent trois filles de vingtaine d’années, où habitent aussi pour le moment vingt ou trente scorpions !            

          

Par asma chekkouri - Publié dans : atelier d'écriture - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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Commentaires

salut asma

 



c'était une nuit affreuse,  oublie la, moi je l'ai complètement  oublié avant de la relire dans ton blog.

 



                                                Bisous

 



 

Commentaire n°1 posté par nadia le 09/12/2007 à 11h50

Salut Nadia


Tu sais c’était une dure expérience mais maintenant que le pire est passé sans dégât, je ne veux pas l’oublier parce qu’elle fait partie de ce que je sais sur la vie.


     Je suis heureuse que tu as donné signe de vie. ça fait longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles.  

Commentaire n°2 posté par asma8 le 10/12/2007 à 16h30
Des histoires comme ça j'en ai connu moi aussi, mais pas avec cette intensité, ...des scorpions... Quelle experience!!!
Notre travail n'est désormais plus lutter contre l'analphabétisme, mais c t une lutte pour la survie, je remercie dieu chaque fois que je rentre à la maison saine et sauve.

biz @+
Commentaire n°3 posté par Asmaa le 27/01/2008 à 20h23

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